| Liste actualisée des pays abolitionnistes |
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| Mis à jour le Vendredi, 20 Novembre 2009 12:37, créé le Mercredi, 04 Juin 2008 14:45 |
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De 1979 à 2009, vingt-cinq pays ont interdit toute forme de punition corporelle, dont vingt pays européens : la Suède (1979), la Finlande (1983), la Norvège (1987), l'Autriche (1989), Chypre (1994), le Danemark (1997), la Lettonie (1998), la Croatie (1999), la Bulgarie (2000), l'Allemagne (2000), Israël (2000), l'Islande (2003), l'Ukraine (2004), la Roumanie (2004), la Hongrie (2005), la Grèce (2006), les Pays-Bas (2007), la Nouvelle-Zélande (2007), le Portugal (2007), l'Uruguay (2007), le Venezuela (2007), l'Espagne (2007), le Costa Rica (2008), la Moldavie (2008) et le Luxembourg (2009). Au Chili, l'annonce en 2007 d'une loi d'abolition ne s'est finalement pas concrétisée. Extraits des législations des pays abolitionnistesSuèdeLa Suède est le premier pays au monde à avoir aboli les châtiments corporels contre les enfants. Dès 1957, la disposition du code pénal excusant les parents ayant causé des préjudices corporels mineurs aux enfants en leur administrant des châtiments corporels était abolie. En 1966, la Suède supprimait du Code de la famille une disposition autorisant « les réprimandes ». En 1979, une clause ajoutée au Code de parentalité et de tutelle précisait : « Les enfants ont droit à l'assistance, à la sécurité et à une bonne éducation. Ils doivent être traités dans le respect de leur personne et de leur individualité et ne peuvent être soumis à un châtiment corporel ou à tout autre traitement humiliant. » (Source : Conseil de l'Europe) FinlandeEn Finlande, l'interdiction des châtiments corporels était incluse dans le vote en 1983 d'une importante loi sur la protection de l'enfance. La loi commence par l'exposé de principes positifs dans l'éducation des enfants et poursuit : « L'enfant doit être élevé dans un esprit de compréhension, de sécurité et d'amour. Il ne doit pas être assujetti, soumis à des punitions corporelles ou humilié de quelque autre façon. Il doit être encouragé, soutenu et aidé afin de devenir un adulte indépendant et responsable. » Cette réforme du Code de la famille suggère sans ambiguïté que le code pénal s'applique de la même façon aux agressions commises contre les enfants par les parents et les autres personnes qui en ont la charge. NorvègeEn 1987, un amendement à la loi sur les relations parents-enfants stipule que « l'enfant ne doit être soumis à aucune violence ni traité d'aucune manière qui puisse mettre en danger sa santé physique ou mentale », cela à la suite d'une recommandation d'une commission officielle du ministère de la Justice sur les mauvais traitement et le défaut de soins. En 1983, selon un sondage, 68 % des Norvégiens étaient encore contre l'interdiction de tout châtiment corporel. AutricheLe 15 mars 1989, le Parlement autrichien a voté un amendement à son Code de la famille (loi de protection de l'enfance) stipulant expressément qu'il est illégal de « recourir à la violence et d'infliger des souffrances physiques ou psychologiques » dans l'éducation des enfants. La nouvelle loi a été adoptée à l'unanimité et sans opposition. Le ministre autrichien de l'Environnement, de la Jeunesse et de la Famille a déclaré : « La raison de cette réforme est que nous connaissons les dommages incommensurables subis par les enfants quand les parents, par mauvaise volonté ou par ignorance, refusent de renoncer aux châtiments corporels comme moyen d'éducation. J'espère que d'autres pays suivront notre exemple et interdiront les châtiments corporels. » ChypreEn juin 1994, le Parlement chypriote a adopté à l'unanimité une nouvelle loi sur la prévention de la violence familiale et sur la protection des victimes qui fait un délit pénal du « recours à la violence de n'importe quel membre de la famille contre n'importe quel autre membre » (loi 147(1) de juin 1994). Aux termes de cette loi, le mot « violence » désigne tout acte illégal ou comportement de contrôle conduisant à léser physiquement, sexuellement ou psychologiquement n'importe quel membre de la famille. Tout acte ou comportement de ce genre en présence d'enfants peut être considéré comme une violence faite à ces enfants, susceptible de leur causer un dommage psychologique, et constitue donc un délit pénal. DanemarkEn mai 1997, le Parlement danois a voté un amendement à la loi sur le droit de garde et la responsabilité parentale stipulant que « l'enfant a droit à l'assistance et à la sécurité. Il doit être traité avec le respect dû à tout individu et ne peut être soumis à des châtiments corporels ni à d'autres traitements dégradants ». LettonieLe 19 juin 1998, le Parlement letton a adopté une nouvelle loi de protection des droits des enfants interdisant les traitements cruels, la torture et les châtiments corporels, y compris dans la famille. Des propositions d'amendement du code pénal visant à inclure explicitement les châtiments corporels dans les lois sur les violences aux personnes étaient encore envisagées. CroatieLors de l'examen en 1996 par le Comité des droits de l'enfant du rapport initial de la Croatie pour la Convention des droits de l'enfant, les représentants du gouvernement croate se sont engagés devant le Comité à interdire explicitement les châtiments corporels. En juin 1998, une nouvelle loi sur la famille est passée en troisième lecture devant le Parlement croate. Comme la loi suédoise, cette loi, entrée en vigueur le 1er janvier 1999, interdit les châtiments corporels et les humiliations. BulgarieLa Loi de protection de l'enfance (2000) a déclaré illégaux les châtiments corporels. Selon l'article 11.2 : « Tout enfant a le droit d'être protégé contre toute méthode d'éducation mettant en cause sa dignité, contre toute violence physique, psychologique ou autre et contre toute forme d'influence contraire à ses intérêts. » Cet article est interprété comme interdisant tout châtiment corporel contre les enfants, y compris de la part des parents. AllemagneEn juillet 2000, le Bundestag a adopté une nouvelle disposition du code civil allemand : « Les enfants ont droit à une éducation sans violence. Les punitions corporelles, les agressions psychologiques et autres mesures humiliantes sont interdites. » IsraëlEn janvier 2000, à la suite d'un procès en appel, la Cour suprême israélienne a interdit tout châtiment corporel, même léger, de la part des parents. Selon l'un des trois juges : « Dans les circonstances judiciaires, sociales et éducatives où nous vivons, nous ne pouvons faire aucun compromis qui puisse mettre en danger le bien-être et la santé physique des mineurs [...]. Si nous autorisons une violence "légère", elle peut dégénérer en violence gravissime. Nous ne devons pas mettre en danger la santé mentale et physique d'un mineur par quelque type de châtiment corporel que ce soit. Une vérité digne de ce nom doit être claire et sans équivoque, et le message est que le châtiment corporel est interdit. » IslandeEn mars 2003, le gouvernement islandais a voté une nouvelle loi de protection de l'enfance qui parachève le processus d'abolition complète des châtiments corporels en les interdisant dans le cadre de la famille. Article 28 de la nouvelle loi : « Les parents ont obligation de protéger leur enfant contre toute violence physique ou psychologique et autres comportements dégradants ou humiliants. » Le gouvernement et le médiateur des enfants interprètent cet article comme interdisant explicitement les châtiments corporels de la part des parents, en accord avec les articles de la loi de 2002 qui faisait déjà obligation aux parents de « traiter leurs enfants avec attention et considération » et d'« assurer leur bien-être en toute circonstance ». La nouvelle loi est entrée en vigueur le 1er novembre 2003. UkraineEn Ukraine, un nouveau Code de la famille interdisant toute punition corporelle est entré en vigueur en janvier 2004. L'article 150 détaille les responsabilités des parents envers leurs enfants et interdit les châtiments corporels et toute autre punition ou traitement humiliant. D'autre part, il semblerait que la loi de 2001 sur la prévention de la violence domestique ait rendu illégale toute violence contre les enfants dans le cadre de la famille. RoumanieUne nouvelle loi sur la protection et la promotion des droits de l'enfant, votée en juin 2004 par les deux chambres du Parlement roumain et entrée en vigueur le 1er janvier 2005, interdit les châtiments corporels.
HongrieLes châtiments corporels dans la famille ont été interdits par un amendement à la loi de 1997 sur la protection de l'enfance et sur l'administration des tutelles adopté par le Parlement en décembre 2004 et entré en vigueur le 1er janvier 2005. L'article 6, § 5 de cette loi devient : « L'enfant a droit au respect de sa dignité humaine et à la protection contre tous les abus - violences physiques, sexuelles ou psychologiques, négligence, informations préjudiciables. L'enfant ne sera pas soumis à des tortures, à des châtiments corporels, à des punitions ou à des traitements cruels, inhumains ou dégradants. » GrèceLe 19 octobre 2006, le Parlement grec a voté la loi 3500/2006 contre les violences intrafamiliales, interdisant les châtiments corporels au sein de la famille. Selon l'article 4 de la nouvelle loi : « La violence physique à l'encontre des enfants en tant que mesure disciplinaire dans le cadre de l'éducation parentale est soumise aux conséquences de l'article 1532 du code civil. » La mesure la plus grave prévue par l'article 1532 en cas d'abus de l'autorité parentale est le retrait de l'autorité parentale par décision de justice. Un rapport explicatif remis au Parlement par les ministres auteurs de la loi confirme que « les châtiments corporels ne font pas partie des mesures disciplinaires autorisées par l'article 1518 du code civil ». Cet article autorise les parents à user de « mesures de correction », mais « seulement lorsque celles-ci sont nécessaires d'un point de vue pédagogique et qu'elles n'affectent pas la dignité de l'enfant ». Pays-BasLes Pays-Bas sont désormais le 18ème pays à interdire les châtiments corporels infligés aux enfants par leurs parents. Le 6 mars 2007, le Sénat a voté une nouvelle loi interdisant toute forme de châtiment corporel de la part des parents et des aidants. Cette loi modifie les dispositions du Code Civil relatives à l'autorité parentale. L'article 1:247 stipule désormais (traduction non officielle) : « (1) L'autorité parentale inclut le devoir et le droit des parents à veiller au bien-être de leur enfant mineur et de l'élever. (2) Veiller au bien-être de l'enfant et l'élever signifie également assurer et favoriser le bien-être émotionnel et physique de l'enfant ainsi que sa sécurité et le libre développement de sa personnalité. Pour ce faire, les parents ne devront recourir ni à la violence psychologique ni à la violence physique ni à toute autre forme de traitement humiliant. » Nouvelle-ZélandeJusqu'en 2007, la loi autorisait aux parents le recours à une « force raisonnable ». Le gouvernement travailliste a tenté, en 1990, de mettre les châtiments corporels hors la loi. Mais il a échoué et le gouvernement suivant n'est pas arrivé à un consensus. On s'est contenté d'instaurer une « semaine sans gifle » (smack-free week). En décembre 1999, le Commissaire aux enfants a demandé l'interdiction totale des châtiments corporels aussi bien dans la famille qu'à l'école. Le Parti chrétien y a vu une attaque contre l'éducation. Mais les adultes de 18 à 30 ans ont commencé à réagir. Le 16 mai 2007, une loi d'interdiction totale a été votée à une écrasante majorité par le parlement. La nouvelle loi autorise l'usage d'une « force raisonnable » pour prévenir un danger ou protéger des personnes ou des biens (section 1), mais stipule clairement que « rien dans [la loi] ne justifie l'usage de la force dans un but de correction » (section 2). PortugalLe 4 septembre 2007, le parlement portugais a voté la loi 59/2007, amendement au Code pénal interdisant tout châtiment corporel des enfants, y compris par les parents. La loi est entrée en vigueur le 15 septembre. L'article 152 stipule désormais : « Quiconque, de façon répétée ou non, inflige des mauvais traitements physiques ou psychologiques, y compris punition corporelle, privation de liberté et agression sexuelle, sera puni de 1 à 5 ans d'emprisonnement. » UruguayLes châtiments corporels sont interdits dans la famille et l'école depuis le vote en novembre 2007 d'une nouvelle loi ("Proyecto de Ley Sustitutivo - Prohibición del castigo físico") annulant les art. 261 et 384 du Code civil et l'art. 16 du Code des enfants et adolescents qui reconnaissaient aux parents et à d'autres adultes le droit d'infliger des châtiments corporels sous l'appellation « correction modérée/adéquate ». La loi interdit explicitement toute punition corporelle ou autre traitement humiliant ou dégradant des enfants. Elle insère dans le Code des enfants et adolescents un nouvel article (12 bis) stipulant (traduction non officielle) : « Interdiction du châtiment physique. Il est interdit aux parents et aux responsables, comme à toute personne chargée des soins, traitements, éducation ou surveillance d'enfants et d'adolescents, d'utiliser le châtiment physique ou tout traitement humiliant comme forme de correction ou de discipline des enfants et des adolescents. [...] » L'interdiction est entrée en vigueur en février 2008. VenezuelaEn 2007, un nouvel article (32-A, « Droit à être bien traité ») a été ajouté à la loi de Protection des enfants et des adolescents, stipulant explicitement que « toutes les formes de punition physique et humiliante sont interdites ». Cet article fait obligation aux parents, aux membres de la famille et à toute personne s'occupant d'enfants d'user de « méthodes non violentes d'éducation et de discipline pour élever et éduquer les enfants », et oblige l'Etat, « avec la participation active de la société », à « mettre en place des politiques, des programmes et des mesures de protection pour abolir toutes les formes de punitions physiques et humiliantes des enfants et adolescents ». EspagneLes châtiments corporels dans la famille sont interdits depuis le vote, le 20 décembre 2007, d'un amendement au Code civil, qui reconnaissait jusque-là aux parents le droit de « corriger raisonnablement et avec modération » leurs enfants. L'article 154 stipule désormais que, dans l'exercice de leur responsabilité, les parents et les éducateurs doivent respecter l'intégrité physique et psychologique des enfants. En 1999, le ministère de l'Emploi et des Affaires sociales avait lancé une campagne pour sensibiliser l'opinion publique aux dangers des châtiments corporels et promouvoir des formes positives et non-violentes de discipline. En novembre 2004, la Direction de l'Enfance a annoncé l'intention du gouvernement de procéder à cette réforme. Les châtiments corporels à l'école étaient illégaux depuis la loi d'août 1985 (art. 6) organisant le droit à l'éducation. L'art. 17 du décret royal 732/1995, qui encadre les relations sociales à l'école, stipule que « tous les élèves ont droit au respect de leur intégrité physique et morale, et ne doivent en aucun cas être soumis à des traitements humiliants ou dégradants ». L'art. 43.2 interdit « les punitions incompatibles avec l'intégrité physique et la dignité personnelle de l'élève ». Costa RicaEn juin 2008, un amendement à l'article 143 du Code de la famille de 1974 et à l'article 24bis du Code des enfants et adolescents de 1998 a interdit les châtiments corporels dans la famille et à l'école. L'article 143 amendé du Code de la famille stipule : « L'autorité parentale confère des droits et impose des devoirs d'éducation, de soins, de surveillance et de discipline qui n'autorisent en aucun cas le recours envers les mineurs à la punition corporelle ni à aucune autre forme de traitement dégradants. » L'article 24bis du Code des enfants et adolescents stipule : « Les enfants et adolescents ont le droit de recevoir conseils, éducation, soins et discipline de la part de leurs parents ou tuteur, ainsi que du personnel des établissements de soins ou d'éducation, foyers, centres de détention ou tout autre centre, sans que cela constitue pour ces parties une autorisation d'aucune sorte à recourir à des punitions corporelles ou à des traitements dégradants. Le Patronato Nacional de la Infancia [Comité national pour l'Enfance] travaillera en coordination avec les institutions relevant du système national de Protection intégrale des mineurs et avec les ONG pour organiser des campagnes d'éducation et des programmes en direction des parents et des autres adultes chargés de la garde et des soins aux enfants. » MoldavieLuxembourgLa plupart des informations données sur cette page proviennent du site End All Corporal Punishment of Children. On peut trouver sur ce site des informations détaillées (en anglais) sur les pays cités et une mise à jour régulière des effets de la législation. Le site www.nospank.com propose également des articles (en anglais) sur différents pays, et beaucoup d'informations sur l'Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada) Voir aussi (en français) le site du Conseil de l'Europe, en particulier : Conseil de l'Europe, Doc. 10199 du 4 juin 2004, Interdire le châtiment corporel des enfants en Europe, rapport à la Commission des questions sociales, de la santé et de la famille de Mme Helena Bargholtz, Suède, http://assembly.coe.int/Documents/WorkingDocs/doc04/FDOC10199.htm Traductions et adaptation : Catherine Barret. |

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