En mémoire de Marina
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- Publié le dimanche 9 juin 2013 20:58
Comme le rapportent Le Point et plusieurs autres journaux, deux associations de défense des droits de l'enfant, « Innocence en danger » et « Enfance et Partage », ont mis en cause l'Etat pour faute grave dans l'affaire de la petite Marina Sabatier, morte en 2009 sous les coups de ses parents. Ces associations ont estimé que les institutions publiques et les services sociaux qui dépendent du conseil général n'ont pas traité sérieusement cette affaire. En effet, les enquêtes sur les soupçons de maltraitance avaient été refermées malgré des signalements auprès du parquet du Mans, après que des enseignants de la petite fille et son médecin scolaire avaient signalé dès 2008 par écrit les bleus, les jambes et doigts déformés, les hématomes ou encore "la peau des pieds arrachée".
Malgré cela, le tribunal d'instance du 13e arrondissement de Paris a rendu sa décision jeudi matin : l'État ne sera finalement pas poursuivi.
La mise en cause de l'Etat serait pourtant justifiée pour une autre raison. La France a signé et ratifié depuis plus de vingt ans la Convention relative aux droits de l'enfant, dont l'article 19 stipule qu'il doit protéger les enfants "contre toute forme de violence". Tous les cinq ans, lors de la remise au Comité des droits de l'enfant des rapports sur l'application de cette convention, le Comité rappelle au représentant de la France qu'elle doit interdire toute forme de punition corporelle et humiliante, comme l'ont déjà fait 33 Etats. Or, depuis vingt ans, aucun gouvernement n'a eu le courage de prendre cette mesure et de voter une loi interdisant non seulement la maltraitance caractérisée, mais aussi les gifles et les fessées.
Seul notre aveuglement nous empêche de voir la continuité entre les gifles et les fessées et la maltraitance qui blesse et qui tue. L'escalade de la gifle ou de la fessée, considérées comme bénignes et même éducatives, à la maltraitance peut s'effectuer facilement, surtout si l'on a été soi-même maltraité dans l'enfance. La violence subie dans l'enfance, légitimée par l'opinion publique ("Une bonne fessée n'a jamais fait de mal à personne !"), peut devenir violence sans mesure quand l'enfant se rebelle et fait front ("Même pas mal !"). C'est en grande partie parce que presque tout le monde considère qu'il est normal de frapper les enfants que certains les frappent sans limites.
Si l'on compare à un iceberg l'ensemble de la violence infligée aux enfants par leurs éducateurs, la maltraitance est sa partie émergée, dénoncée, condamnée, mais elle n'existerait pas sans les neuf dixièmes de sa base immergée qui la soutient. Tant qu'on ne s'attaquera pas à cette base, tant qu'on justifiera la violence sur les enfants jusqu'à un certain point (gifles, fessées, humiliations…), il y aura toujours une forte minorité de parents qui, pour des raisons diverses, franchiront toutes les limites jusqu'à blesser, torturer ou tuer leurs enfants.
Il faut, bien sûr, améliorer les mesures de vigilance à l'égard de la maltraitance, et notamment donner aux médecins, au cours de leurs études, une réelle formation pour la détecter. Mais, l'expérience de la Suède et des pays scandinaves le montre, la seule mesure qui réduit réellement les cas de maltraitance c'est l'interdiction de toute forme de violence, si faible soit-elle, à l'égard des enfants.
Il est scandaleux qu'en France, alors qu'il est interdit de frapper un adulte qui peut se défendre et porter plainte, on considère comme normal et éducatif de frapper un enfant qui ne peut ni l'un ni l'autre. Considère-t-on comme une intrusion inacceptable de l'Etat dans la vie familiale le fait d'interdire la violence conjugale ? Trouverait-on normal d'admettre la violence jusqu'à un certain point à l'égard des femmes comme on le fait à l'égard des enfants ?
Il faut rappeler que "depuis 2003, le Comité européen des droits sociaux a conclu que la France, la Hongrie, Malte, la Pologne, la Roumanie, la République Slovaque, la Slovénie, l’Espagne et la Turquie avaient violé l’article 17 de la Charte pour ne pas avoir interdit toutes les formes de châtiment corporel". (Communiqué de presse de l'Organisation mondiale contre la torture, 7 juin 2005.)
Olivier Maurel,
fondateur de l'OVEO.
Réclamation collective envers la France pour l’abolition des châtiments corporels
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- Publié le samedi 18 mai 2013 08:42
Le 11 février dernier, une réclamation collective contre la France a été déposée auprès du Comité européen des Droits sociaux (CEDS) par l’association anglaise APPROACH (Association for the Protection of All Children), en raison de l'absence d'interdiction claire des châtiments corporels envers les enfants en France.
Elle est visible sur le site du Conseil de l’Europe parmi la liste des réclamations collectives relatives à la Charte sociale européenne.
On peut y lire ceci :
« La réclamation a été enregistrée le 4 février 2013. L’organisation réclamante allègue que la France ne respecte pas ses obligations au titre de l'article 17 (droit de la mère et de l’enfant à une protection sociale et économique) de la Charte sociale européenne en raison de l'absence d'interdiction explicite et efficace de tous les châtiments corporels infligés aux enfants dans la famille, les écoles et autres cadres, et parce que la France n'a pas agi avec la diligence voulue pour éliminer de tels châtiments dans la pratique. »
On constate sur ce même site que des plaintes similaires, concernant six autres pays, ont été déposées par la même association. Il s’agit de la Belgique, Chypre, la République tchèque, la Slovénie, l’Italie et l’Irlande.
Pourquoi un Observatoire de la violence éducative ordinaire ?
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- Publié le samedi 10 janvier 2009 20:45
EDITORIAL - Par Olivier Maurel, président de l'OVEO
Ecrit en 2005, révisé en 2008
La présentation de l'Observatoire de la Violence Educative Ordinaire que nous faisions en 2005 (voir ci-dessous) nous paraît plus que jamais d'actualité, notamment depuis que le Conseil de l'Europe a lancé sa campagne pour l'interdiction de toute forme de violence éducative: « Construire une Europe pour et avec les enfants ».
Aujourd'hui, nous voudrions seulement souligner de façon encore plus explicite le fait que la violence éducative ne se limite pas aux violences physiques. Notre relation avec les enfants est souvent telle que nous trouvons normal de les traiter, verbalement et psychologiquement, comme nous ne traiterions pas les adultes et les personnes âgées et, plus précisément encore, comme nous supporterions très mal d'être traités nous-mêmes, surtout par quelqu'un de proche et qui dit nous aimer.
Comment supporterions-nous (ou supportons-nous !), par exemple, que notre conjoint ou conjointe nous menace de nous punir, nous sermonne, nous fasse la morale, nous critique, nous injurie, se moque de nous, nous compare à d'autres de façon désobligeante, etc. ? Or, qui n'a connu cela dans son enfance ? Et qui ne l'a fait plus ou moins subir à ses enfants ?
C'est parce que nous avons presque tous subi ces traitements que nous trouvons normal de les infliger aux enfants.
Autrement dit, ce qui est nécessaire, c'est un changement de regard sur les enfants, changement qui ne peut probablement s'effectuer qu'à condition de changer notre propre regard sur l'enfant que nous avons été. C'est le plus souvent parce que nous avons fait nôtre le mépris subi dans notre enfance que nous ne voyons plus ce qu'il y a d'anormal dans tous ces comportements à l'égard des enfants.
L'Observatoire de la Violence Educative Ordinaire est à la fois une association et un site créés dans le but d'informer le plus largement possible l'opinion publique et les responsables politiques sur la pratique de la violence éducative ordinaire, c'est-à-dire les diverses formes de violence utilisées quotidiennement pour éduquer les enfants dans les familles et les institutions (écoles , assistantes maternelles...).
Suite ...
Qu'est-ce que la violence éducative ordinaire ?
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- Publié le samedi 12 décembre 2009 20:52
Quelques suggestions si vous visitez notre site pour la première fois...
Editorial : Pourquoi un Observatoire de la violence éducative ordinaire ?Qu'est-ce que l'Observatoire de la violence éducative ordinaire ?
- Présentation résumée et informations indispensables : dépliant de l'OVEO.
- Pour plus de détails, voir la rubrique "L'OVEO" : qui nous sommes, comment nous contacter et adhérer, nos actions...
- Nos définitions personnelles de la VEO (et celles de nos visiteurs !)
Dans la partie "La VEO à la loupe" : une Histoire de la violence éducative ordinaire, des témoignages, des textes fondamentaux pour mieux comprendre ce qu'est la VEO et quels sont ses effets...
Dans la partie Pour un monde sans VEO : une géographie de la violence éducative ordinaire (VEO) dans le monde, des articles sur l'état de la législation (voir ci-dessous), des critiques de livres, des liens et bien d'autres ressources... A noter (2012) un article donnant des informations importantes sur un traitement de l'autisme.
Pour aider les visiteurs, nous nous efforçons aussi de mettre les articles du site en lien les uns avec les autres. N'hésitez pas à nous faire des suggestions si vous en trouvez que nous pourrions ajouter !
Faut-il légiférer sur la violence éducative ordinaire ?
Plusieurs articles et lettres ouvertes en réponse à la polémique relancée en France en 2009 par la proposition de loi de la députée Edwige Antier :- Lettre ouverte à Claude Halmos
- Lettre ouverte à Aldo Naouri et Marcel Rufo
- Pourquoi une loi d'interdiction des châtiments corporels et autres traitements humiliants est-elle souhaitable et nécessaire ?
- La loi contre la violence éducative ordinaire : une loi préventive
- Est-il dangereux de faire des sondages sur la fessée dans les écoles ?
- Faut-il en finir avec la fessée ? et bien d'autres articles dans la partie "Pour un monde sans VEO".
- Mai 2011 : une campagne contre les violences éducatives ordinaires
- La fessée est-elle un attribut de l’autorité parentale ?
- Suède : l'interdiction des châtiments corporels n'accroît pas la maltraitance (la Suède reste l'un des pays au monde où la maltraitance est la plus faible)
Diaporama : Un trou noir dans les sciences humaines
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- Publié le mardi 17 novembre 2009 12:13
Olivier Maurel a réalisé un diaporama intitulé "Un trou noir dans les sciences humaines" qu'il a présenté à Paris à l'occasion du colloque "Aux sources de la violence - De l'enfance à l'adolescence" organisée par la Fédération française des psychologues et de la psychologie du 8 au 10 octobre 2009.
Vous pouvez aussi consultez les autres diaporamas sur le site de la FFPP.
NB : ce diaporama a donné lieu à un livre à paraître en juillet 2012 aux éditions "L'Instant présent" : La Violence éducative, un trou noir dans les sciences humaines.

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